Dimanche 15 mars 2009 7 15 /03 /Mars /2009 18:58

J’ai fait un rêve.

On y voyait des éditeurs et des libraires assis autour d’une table, discutant et comparant leurs résultats respectifs de l’année écoulée dans un climat de fraternité et d’écoute mutuelle. Dans ce monde virtuel, les uns suggéraient des parutions à venir, les autres faisaient part de différents témoignages de lecteurs évoquant de possibles sujets, d’auteurs prometteurs injustement méconnus et qu’il serait bon de publier. Les premiers opinaient du chef, prenaient des notes : » oui, pourquoi pas. C’est une idée. Nous n’y avions pas pensé. »

Et les seconds de surenchérir sur leur engagement à promouvoir cet auteur dans leurs librairies.

Tous se congratulent en fin de réunion sur les quelques centaines de titres retenus d’un commun accord pour les mois suivants.

Tout va très bien dans le meilleur des mondes du livre possible.

En quelle année, cette rencontre ? J’ai raté un épisode ?

Non, vous n’avez rien raté, c’était juste un rêve, le songe d’une écoute mutuelle entre gens aux intérêts communs, éditeurs et libraires unis dans un combat quotidien pour la pérennité d’un support d’imaginaires et de connaissances commun à tous : Le livre.

Mais ceci n’était qu’une divagation d’un commercial en mal d’œcuménisme. La réalité est nettement moins poétique. Je suis assez bien placé pour observer l’antagonisme qui prédomine dans les rapports entre libraires et éditeurs. Je parle de mon expérience, il existe quelques libraires et éditeurs qui entretiennent des rapports « privilégiés » mais ils font exception. Au quotidien, les commentaires désobligeants (je reste poli) sont la règle.

Les sujets de mécontentement naissent dans les pratiques des uns et des autres : leurs soucis sont les mêmes, ce sont des commerçants logiquement préoccupés par la rentabilité de leurs affaires respectives. Chacun accuse l’autre de tirer la couverture à lui et de le mettre en péril.

Une des premières causes de bisbilles réside dans le système des offices, pratique spécifique au milieu de l’édition. Initialement, l’envoi d’ouvrages par un exemplaire était destiné à informer le libraire de la parution d’une nouveauté, libre à lui de recommander ensuite. Ce système a été dévoyé et est devenu un prétexte pour les éditeurs, utilisant cette facilité pour multiplier les « informations » et devenant par cette pratique un pourvoyeur de chiffre d’affaires facile, une sorte de « cavalerie ». Il suffit d’appuyer sur un bouton pour multiplier le nombre d’exemplaires par trois, quatre, voire beaucoup plus. Tout est bon dans ce système :

Les unités utilisés ne sont plus les ouvrages mais les conditionnements par 6, 12, voire plus si notoriété auto-affirmée. Les commerciaux ne sont pas exempts de reproches dans cette pratique mais j’y reviendrai. Je m’égare dans les détails. L’essentiel du propos n’est pas là.

L’antagonisme entre les deux milieux est d’autant plus frappant qu’il n’est pas justifié. Les intérêts perçus comme opposés sont au contraire intimement liés. L’éditeur fait vivre le libraire et vice-versa. Si l’éditeur ne publie pas de livres, le libraire n’a rien à vendre et sans librairies, l’éditeur ne vendra pas grand-chose. C’est idiot d’écrire cela mais de multiples réflexions entendues dans le cadre de mon travail m’ont laissé pantois : Vous publiez trop, vous nous assassinez avec tous ces livres inutiles, etc, etc…Si on peut douter de « l’utilité » de certaines publications, on peut douter de la compétence de certains libraires. Je me suis souvent demandé pourquoi certaines personnes se présentaient comme libraires. La librairie est certes un commerce mais ce n’est pas que cela. Gagner sa vie en vendant des livres n’est pas la pire des occupations mais il y a vendre et vendre. Rester derrière sa caisse à attendre le chaland est à la portée de tout le monde, conseiller un ouvrage, organiser des rencontres avec les auteurs demande une compétence et un amour du livre bien réel eu égard au temps passé. La rentabilité n’est pas ici le souci premier. Etre rentable, oui, mais pas à n’importe quel prix. 

L’argent n’est pas une fin en soi, faire fortune dans ce milieu relève de l’utopie. En résumé, ouvrir une librairie demande avant toute chose une bonne connaissance de ce que l’on va vendre, un esprit curieux, en mouvement permanent. On a rarement vu un boucher végétarien mais j’ai souvent rencontré des libraires incultes.

J’ai aussi rencontré des éditeurs du même acabit.

Pour être juste, ce sont ceux que l’on voit le plus, qui parlent beaucoup, qui ont su « capter » le talent de ceux qu’ils publient, en littérature, ou mettre à la portée de tous des domaines de connaissances jusqu’ici inexplorées ou mal présentées par d’autres. Eux ont compris mais pas les autres. L’Edition n’existait pas avant leur arrivée, on allait voir ce qu’on …..

J’ai assisté à une quantité non négligeable de réunions de présentation éditoriale depuis 25 ans et je suis toujours étonné d’entendre au cours de ces présentations un dénigrement systématique de ce que fait la concurrence : Nous, c’est mieux, les autres éditeurs, c’est nul. Ayant changé de maison plusieurs fois sur un secteur éditorial identique, j’entendais un jour tel intervenant dénigrer son concurrent et l’année suivante, entendre ledit concurrent parler le la même manière. Charmant et…consternant. Consternant de suffisance, d’égocentrisme et, comme disait Freud, d’une hypertrophie du « moi ». Les égos surdimensionnés sont légion dans l’édition, quelque soit le domaine. C’est endémique et assez insupportable. Je vous rassure, il y a aussi des gens sympathiques comme vous et moi (à vous de voir).

Ces égos ne peuvent toutefois cacher totalement la réalité : Ces gens n’ont aucun pouvoir décisionnaire, ils sont tributaires du bon vouloir des vrais décideurs que sont les actionnaires et leurs représentants, je veux parler des directions générales.

Je parlais d’argent à propos des libraires. Ici, l’argent n’est pas un moyen mais une fin en soi.

La rentabilité d’une maison d’édition est très aléatoire, elle l’est d’autant plus quand l’éditeur obéit plus à son instinct de « découvreur » qu’à celui, plus raisonné, de  gestionnaire. Aujourd’hui si  les découvreurs sont rares, les gestionnaires pullulent. Publier un livre est toujours un pari, un pari sur les futurs lecteurs, ceux qui achèteront votre ouvrage. C’est une équation délicate entre le coût de revient, le prix de vente et le nombre d’exemplaires nécessaire à sa rentabilité. Minimiser le risque revient souvent à ne pas se lancer dans l’inconnu, à faire ce qui a déjà été fait (mieux si possible) ou à surfer sur l’air du temps. Avec du savoir-faire, une marque connue, c’est assez simple. C’est tellement simple que tous le font. Le résultat, vous le trouvez dans les rayons des librairies. Dans le domaine des livres pratiques, le clonage est une constante légale : Mêmes thèmes, mêmes prix, mêmes formats.

Vous chercheriez en vain une différence, quelle imagination !

Je pourrais changer de rayon, nous ferions le même constat.

Le souci de rentabilité à tout prix tue la créativité.

Dans mon esprit, naïf sans doute, le rôle d’un éditeur est celui d’un créateur, d’un porte-voix pour ceux qui ont des choses à dire, à montrer et à faire partager au plus grand nombre. C’est simple et utopique.

Au début de cet article, j’évoquais un rêve d’entente cordiale. La réalité d’aujourd’hui ressemble plus à foire d’empoigne où la loi du plus fort prime, la rentabilité immédiate un credo absolu, au détriment d’une diversité culturelle et intellectuelle. Je n’ose imaginer l’édition dans cinquante ans. Le livre perdurera, je n’en doute pas, mais quel livre et pour quel lecteur ? 

A bientôt…
Par lelibraire - Publié dans : Les témoignages de Gilles
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Mercredi 4 mars 2009 3 04 /03 /Mars /2009 18:00

La rubrique de Gilles - lettre 1


Cela fait vingt-cinq ans que je roule pour …l’édition, la petite, la grande, l’improbable, la trop-prévisible, bref, que j’avale les kilomètres d’autoroute pour porter la « bonne » parole à des interlocuteurs que l’on appelle des Libraires, bien que, mais j’y reviendrai plus tard.

Je suis représentant, commercial, je vends des livres que d’autres conçoivent, fabriquent, ceux que nous appelons des éditeurs, bien que, j’y reviendrai également plus tard.

Je suis, pas tout seul, nous sommes quelques centaines comme moi, une courroie de transmission entre des « créateurs » et des « distributeurs », quel vilain mot  mais c’est ainsi que l’on nomme les propriétaires des lieux où le grand public, le »consommateur » trouve de quoi étancher sa soif de connaissances et de fiction.

Je suis rentré dans ce métier par hasard, comme beaucoup.

Mais je ne suis pas là pour raconter ma vie.

Ce métier de représentant, je le revendique, je revendique sa pérennité aujourd’hui, je dis aujourd’hui car, à cette heure, il me semble quelque peu en danger. Dans les structures et les esprits se distillent des modes de fonctionnement liés à des principes de rentabilité :

Nous serions « l’intermédiaire » de trop, celui dont on peut se passer, à l’heure de l’information instantanée. Pourquoi s’embarrasser d’un(e) individu qui passe le plus clair de son temps sur la route ? Oui, pourquoi ?

Vu du bureau d’un technocrate de l’édition, c’est tellement plus simple d’envoyer les fiches argumentaires d’un livre par mail, d’attendre sagement le retour et d’appuyer sur un bouton pour déclencher l’envoi, en rajouter éventuellement si la quantité commandée ne correspond pas aux attentes. Nos libraires les plus « en vue » sont preneurs de ce mode de fonctionnement.

De leur côté, le temps passé avec un représentant  est une perte sèche. Ce temps perdu par leurs responsables de rayon à discuter des futures parutions sera mieux employé à servir le client, le conseiller, l’orienter vers, vers quoi au juste ? Vers les piles des best-sellers que l’on trouve partout ou vers un titre d’un auteur inconnu dont l’exemplaire unique commandé se trouve déjà dans les bacs de retour ?

Editeurs, libraires, même combat, sus à ce gâchis, cette perte de rentabilité, de productivité, utilisons les moyens « modernes » de communication !

Je fantasme, croyez-vous .

Dans une chaîne bien connue de tous, agitateur culturel en son temps, des trésors d’ingéniosité technocratique (oxymoron) ont été déployés pour enlever toute initiative aux responsables, pour épurer les stocks d’ouvrages dits « en fin de vie ». Vous avez bien lu, en fin de vie, c’est le terme usité pour désigner un ouvrage non vendu dans l’année, qui prend de la place. Place donc est faite au dernier opus dont on parle, dont la commande aura été pilotée d’en haut, des tombereaux de ce seul titre qui, c’est sûr, se vendront dans le mois qui suit.

Un interlocuteur, un seul chez l’éditeur, un autre en face, qui décideront de ce qui « doit » se vendre et ce, partout en France. Oyez, oyez, braves gens, ce livre est in-dis-pen-sa-ble à votre culture, à ne rater sous aucun prétexte !

Vous imaginez, c’est le rêve, le même livre pour tous, un tirage Kolossal , peu de frais de stockage, des ventes immédiates et une seule personne à convaincre.

Hélas, trois fois hélas pour eux,  ce n’est pas ainsi que ça se passe et c’est tant mieux !

Ils ont essayé, il y eut une période où ces messieurs (dames) définissaient ce qu’ils appelaient un « cœur de l’offre », les indispensables, les autres ouvrages relégués dans la catégorie des « on peut s’en passer ». Des puits de culture, ces gens, à n’en pas douter.

Mais je m’égare dans les méandres du règlement de compte, prendre les gens pour des c… m’a toujours mis hors de moi. Inutile de vous dire que le commercial de base n’a pas son mot à dire, l’éditeur de base non plus.

Je suis un commercial de base, ceci n’a rien de péjoratif. Je vends. Je suis payé pour ça. Le souci est que je vends de moins de moins. Je m’explique.

Vendre un livre, qui a un contenu (en principe) suppose que vous ayez un peu de temps, un minimum de conviction , un interlocuteur, et quelques informations sur l’ouvrage dont vous êtes censé parler.

Les dérives dont je vous ai parlé minimisent notre rôle et, concrètement, se traduisent par un manque de temps, un minimum d’informations et, quelquefois, aucun interlocuteur face à vous. Chez le client libraire, il m’arrive fréquemment de laisser les bons de commande, faute de personne à qui exposer les ouvrages ou face à un écran d’ordinateur, avec suivi des ventes de l’ouvrage précédent de la même famille. L’argumentation est inutile, le seul juge de référence est le stock . La commande ne doit pas excéder Deux mois de stock.

Pas d’acte commercial, pas de contact ni de nécessité d’être convaincant.

Déposséder de la nature même de son travail, voilà le quotidien actuel de mon métier.

Ca et la route… 

A suivre…


Le livre La vie de libraire
Par lelibraire - Publié dans : Les témoignages de Gilles
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Mercredi 4 mars 2009 3 04 /03 /Mars /2009 17:32
Bon, parlons de la crise du livre mais pas de la crise économique actuelle dont tout le monde parle...
Non, parlons de la crise du livre qui à vraiment commencée il y a 20 ans pour se terminer aujourd'hui en eau de boudin.

De quoi est-il question aujourd'hui?

De la sur-production qui fait qu'un nouveau roman à 90% de chance d'être retourné chez son éditeur parfois un mois après avoir mis les pieds chez le libraire ( et encore, parfois moins ça dépend des mois).

"Mon Dieu diront certains, le libraire n'est pas professionnel, je vais chez lui et je ne trouve jamais ce que je cherche!"

En fait la situation est bien différente. Tentons une explication avec beaucoup de recul et sans prétendre donner des leçons, chacun faisant ce qu'il peut.

Donc il y a 20 ans se publiait en France 20000 bouquins... Je fais grosso modo mais c'est presque ça...
Aujourd'hui il s'en publie 650000...

Certains y verront l'amour des Français pour la culture.. Les naifs, car je rappelle que les émissions débiles de nos chères télés peuvent parfois réunir 10 millions d'entre nous !

Donc ce n'est pas vraiment cela...

En fait ce qui s'est passé c'est que les 20000 titres d'il y a 20 ans avaient de beaucoup plus forts tirages que les 65000 titres d'aujourd'hui. Nous sommes dans un système de cavalerie financière qui risque bien de se ralentir enfin avec la crise économique qui, pour une fois, pourrait être salutaire pour le livre.

Il y a 20 ans, quand un éditeur ne parvenait pas à faire son chiffre d'affaire, il rajoutait 2 ou 3 nouveaux romans à son catalogue. La facturation de ceux-ci complétait le manque de réalisé sur les autres titres. S'il y avait des retours ensuite, et bien on rajoutait encore quelques titres de plus l'année suivante... EtC...

Le libraire était facturé, le nombre de titres augmentant, il baissait ses prises de commandes à la nouveauté et plus il y avait de titre au tirages faibles , plus il fallait vite s'en défaire pour se faire créditer les retours et ainsi pouvoir acheter les nouveautés qui allaient arriver le mois suivant ....

Quand le stock augmentait trop, on a alors commencé les retours massifs, ce qui est presque une règle maintenant quand l'heure de l'inventaire arrive en librairie. (Cela consiste à retourner tout ce qui vous passe sous la main aux éditeurs afin de ne pas dépasser le montant de stock prévu.)

La cavalerie je vous dis...

Aujourd'hui certains libraires ne prennent même plus le temps d'ouvrir les colis d'offices (c'est le service mis en place par l'édition pour envoyer tout ce qui sort à ses revendeurs automatiquement)... Ils retournent les colis encore fermés... et paient des frais de port !!!

Ceux qui gagnent sont les transporteurs !

Il est aujourd'hui courant de voir de nouveaux romans ne pas se vendre à plus de 200 exemplaires... Le numérique est passé par là.
 Autrefois il fallait caler des machines, il y avait des frais supplémentaires pour publier un auteur, on prenait des risques, on était jugé sur un vrai travail d'éditeur.

Aujourd'hui, même si vous êtes un éditeur sans idées, vous allez à la foire du livre de Francfort, vous achetez des droits chez des éditeurs étrangers et hop, il vous faut 10 nouveautés de plus pour faire votre chiffre, vous les avez !

Pendant ce temps les petits libraires demandent à leurs banques des autorisations de découvert pour parvenir à finir les fins de mois et surtout essaie de ne pas avoir d'impayés auprès des éditeurs car les regroupement font qu'aujourd'hui, si leur compte est "bloqué" chez l'un des "gros", ils ne peuvent plus travailler.

Les grandes centrales d'achats elles ne s'embêtent même plus, elles ne prennent que la grosse cavalerie, font l'impasse sur le reste et obtiennent de bonnes remises parce qu'elles centralisent justement leurs achats sur des trucs finalement faciles à vendre (donc elles achètent beaucoup). Encore que... certaines d'entres elles n'achètent même plus beaucoup mais essaient d'avoir de grosses remises juste parce qu'elles ont beaucoup de magasins... ce qui marche de moins en moins... heureusement !
Mais finalement, on les critique ces chaines, mais est-ce le rôle d'un revendeur de faire la trésorerie d'un éditeur qui publie pour facturer?
Je pense que nous sommes à la fin d'un système.
Il y aura des morts, des deux cotés.
Les éditeurs qui devront publier moins, auront encore moins de personnel, pourtant le flux tendu dans l'édition on connait!
Certains petits et moyens libraires fermeront.
Les chaines resteront des chaines avec leur offre de chaines..
Les quelques grands libraires qui resteront auront tous un site de vente en ligne, auront baissé leur masse salariale par tous les moyens tout en essayant de maintenir une image de qualité avec un stock moindre.. pas facile...
Les commerciaux seront tantôt utiliser pour pallier des carences des restructurations sur les points de vente, saisir  les commandes des revendeurs eux-mêmes afin que les services relations clientèle des distributeurs soient réduits au maximum... ils devront complètement revoir leur mission qui ira de l'homme de service au technico commercial avec des pouvoir minorés du fait de la centralisation.
Il en résultera une baisse des effectifs et l'abandon total de la visite des petits libraires... si rien n'est fait...
Car en ce moment, TOUT est cher. Le libraire, l'éditeur, le commercial, tout est trop cher et les marges trop faibles pour des actionnaires aussi gourmands que ceux des autres secteurs de l'économie... Oui mais l'édition ne peut cracher des marges à 2 chiffres sur un marché aussi modeste pendant trop longtemps... car elle s'étouffe...

Sur Internet les sites marchands nous disent proposer tout ce que proposent les éditeurs, mais ils n'ont ni tout le stock, ni toutes les références; eux aussi vont vers le facile, le best, le bling bling...

Il faudra donc essayer,  tous ensemble, pour ceux qui resteront, de repenser les choses.

Les libraires sont devenu trop "gestionnaires" et parfois passent à coté de bons livres, les éditeurs ont souvent la trouille et ont une production de clones (l'un à une bonne idée, tous les autres le copient comme à l'école et inondent le marché de produits similaires)... et oui, on en est à parler de produits!!!

Il est temps que tout le monde prennent ses responsabilités et fasse de nouveau un métier et non un travail.
Désolé pour la leçon, je regrette mais ça défoule.........

Non l'édition ne s'en sortira pas en jouant à l'industrie sans créativité, sans talent, sans prise de risques.. sans amour du beau.

Heureusement certains sont encore des éditeurs responsables, certains libraires offrent des catalogues élargis en magasin... Il en reste encore quelques uns...

Nombreux sont ceux qui ont envie de travailler encore quelques années et n'attendent pas la retraite !!!





A lire aussi : Restructuration chez Random House : 5 % de licenciements
Par lelibraire - Publié dans : lelibraire
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Mardi 3 mars 2009 2 03 /03 /Mars /2009 05:41
On ne va pas faire de grand discours intellectuel mais je vais dire ce que je pense:
- Les gros seraient ok pour vendre la culture sans marge jusqu'à ce que les petits soient morts.
Comme cela s'est passé avec les petits commerces d'alimentation, les stations services, et tout le reste.
La culture n'est pas un produit comme les autres. Il faut savoir la défendre au risque d'un abrutissement général faute de diversité.
Quand on regarde les prix de l'alimentation quelques années après la disparition des petits commerçants, sont ils meilleurs? Non!
En fait, ceux qui ont de l'argent sont prêts à en perdre un peu, le temps d'éliminer la conccurence, puis, quand il n'y aura plus qu'eux, ils pratiquerons les prix qu'ils veulent mais en réduisant l'offre afin d'accroitre leurs marges.

Voici un groupe sur Facebook créé spécialement pour réunir ceux qui ne veulent pas qu'on fasse du livre une boite de conserve:
http://www.facebook.com/home.php?#/group.php?gid=72011756577

Vous pouvez aussi vous exprimer sur ce Forum internet:

http://libraire.exprimetoi.net
test

Rappel de la loi Lang:


LOI
Loi n°81-766 du 10 août 1981 relative au prix du livre

Version consolidée au 01 janvier 2008

Toute personne physique ou morale qui édite ou importe des livres est tenue de fixer, pour les livres qu'elle édite ou importe, un prix de vente au public.

Ce prix est porté à la connaissance du public. Un décret précisera, notamment, les conditions dans lesquelles il sera indiqué sur le livre et déterminera également les obligations de l'éditeur ou de l'importateur en ce qui concerne les mentions permettant l'identification du livre et le calcul des délais prévus par la présente loi.

Tout détaillant doit offrir le service gratuit de commande à l'unité. Toutefois, et dans ce seul cas, le détaillant peut ajouter au prix effectif de vente au public qu'il pratique les frais ou rémunérations correspondant à des prestations supplémentaires exceptionnelles expressément réclamées par l'acheteur et dont le coût a fait l'objet d'un accord préalable.

Les détaillants doivent pratiquer un prix effectif de vente au public compris entre 95 % et 100 % du prix fixé par l'éditeur ou l'importateur.

Dans le cas où l'importation concerne des livres édités en France, le prix de vente au public fixé par l'importateur est au moins égal à celui qui a été fixé par l'éditeur.

Les dispositions de l'alinéa précédent ne sont pas applicables aux livres importés en provenance d'un Etat membre de la Communauté économique européenne ou d'un autre Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen, sauf si des éléments objectifs, notamment l'absence de commercialisation effective dans cet Etat, établissent que l'opération a eu pour objet de soustraire la vente au public aux dispositions du quatrième alinéa du présent article.

Par dérogation aux dispositions de l'article 37 (1°) (1) de la loi n° 73-1193 du 27 décembre 1973 modifiée, les conditions de vente établies par l'éditeur ou l'importateur, en appliquant un barème d'écart sur le prix de vente au public hors taxes, prennent en compte la qualité des services rendus par les détaillants en faveur de la diffusion du livre. Les remises correspondantes doivent être supérieures à celles résultant de l'importance des quantités acquises par les détaillants.



NOTA:

(1) Article abrogé par la loi n° 85-1408 du 30 décembre 1985 art. 5.



Par dérogation aux dispositions du quatrième alinéa de l'article 1er et sous réserve des dispositions du dernier alinéa, le prix effectif de vente des livres peut être compris entre 91 % et 100 % du prix de vente au public lorsque l'achat est réalisé :


1° Pour leurs besoins propres, excluant la revente, par l'Etat, les collectivités territoriales, les établissements d'enseignement, de formation professionnelle ou de recherche, les syndicats représentatifs ou les comités d'entreprise ;


2° Pour l'enrichissement des collections des bibliothèques accueillant du public, par les personnes morales gérant ces bibliothèques. Le prix effectif inclut le montant de la rémunération au titre du prêt en bibliothèque assise sur le prix public de vente des livres prévue à l'article L. 133-3 du code de la propriété intellectuelle.


Le prix effectif de vente des livres scolaires peut être fixé librement dès lors que l'achat est effectué par une association facilitant l'acquisition de livres scolaires par ses membres ou, pour leurs besoins propres, excluant la revente, par l'Etat, une collectivité territoriale ou un établissement d'enseignement.


Toute personne qui publie un livre en vue de sa diffusion par courtage, abonnement ou par correspondance moins de neuf mois après la mise en vente de la première édition fixe, pour ce livre, un prix de vente au public au moins égal à celui de cette première édition.



Les détaillants peuvent pratiquer des prix inférieurs au prix de vente au public mentionné à l'article 1er sur les livres édités ou importés depuis plus de deux ans, et dont le dernier approvisionnement remonte à plus de six mois.



Les ventes à prime ne sont autorisées, sous réserve des dispositions de la loi n° 51-356 du 20 mars 1951 modifiée et de la loi n° 73-1193 du 27 décembre 1973 modifiée, que si elles sont proposées, par l'éditeur ou l'importateur, simultanément et dans les mêmes conditions à l'ensemble des détaillants ou si elles portent sur des livres faisant l'objet d'une édition exclusivement réservée à la vente par courtage, par abonnement ou par correspondance.



Article 7

Toute publicité annonçant des prix inférieurs au prix de vente au public mentionné à l'article 1er (alinéa 1er) est interdite hors des lieux de vente.



Article 8

En cas d'infraction aux dispositions de la présente loi, les actions en cessation ou en réparation peuvent être engagées, notamment par tout concurrent, association agréée de défense des consommateurs ou syndicat des professionnels de l'édition ou de la diffusion de livres ainsi que par l'auteur ou toute organisation de défense des auteurs.



Les dispositions de la présente loi ne font pas obstacle à l'application, le cas échéant, de l'ordonnance n° 45-1483 du 30 juin 1945 modifiée relative aux prix, à l'exception toutefois des premier et deuxième alinéas du 4° de l'article 37 de ladite ordonnance.



Un décret détermine les modalités d'application de la présente loi aux départements d'outre-mer, compte tenu des sujétions dues à l'éloignement de ces départements.


Le prix des livres scolaires est identique en métropole et dans les départements d'outre-mer.


Un décret en Conseil d'Etat détermine les peines d'amendes contraventionnelles applicables en cas d'infraction aux dispositions de la présente loi.

Article 11

La présente loi entrera en vigueur à la date du 1er janvier 1982, y compris pour l'ensemble des livres édités ou importés antérieurement à cette date.


Le Gouvernement présentera au Parlement, avant le 1er juin 1983, un rapport sur l'application de la loi ainsi que sur les mesures prises en faveur du livre et de la lecture publique.


La présente loi est applicable à Mayotte à compter du 1er janvier 2009.

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Vendredi 27 février 2009 5 27 /02 /Fév /2009 07:32
A moins de travailler chez un libraire indépendant de taille moyenne, le travail de libraire se résume de plus en plus à mettre des livres en rayon.
C'est le cas dans les grandes enseignes, là ou les libraires ont de beaux gilets et moins de 40 ans la plus part du temps.

Ces groupes de librairies se structurent autour d'une centrale d'achat afin d'obtenir une meilleure remise des éditeurs, de définir une offre uniforme pour l'enseigne et de limiter leur dépendance face au personnel des magasins.

La conséquence de ce choix d'une centralisation est inconstablement une offre homogène mais appauvrie, un peu comme dans l'habillement , avec un paysage quasi exclusivement composé de chaines de magasins qui font se ressembler tous les "centre ville"  de France avec leurs franchises.

Mais la mode change. Il y a peu, tout le monde voulait ce genre de fringues, aujourd'hui leur chiffre baisse au profit d'un peu plus d'originalité.

De nouvelles marques apparaissent.

Auront nous la chance que les lecteurs reviennent vers les libraires indépendants avant que nous n'ayons plus d'autre choix que d'acheter tous les mêmes ouvrages et ainsi devenir tous plus pauvres intellectuellement ?

La centralisation des achats profite aussi aux sites de ventes en ligne. Comme le choix devient plus pauvre en magasin et que le personnel, souvent mal payé et mal considéré est démotivé, les acheteurs se tournent de plus en plus vers Internet.

Alors que le marché du livre stagne depuis plusieurs années, les sites de ventes en ligne ont des progressions à deux chiffres.

Pour le moment la centralisation et l'explosion du nombre de magasins de chaines provoquent la disparition des petits libraires. Parallèlement les grandes enseignes se structurent pour pouvoir offrir aussi une offre en ligne afin de vérouiller le marché.
C'est certain il faudra trouver demain de petites structures pour permettre à la culture de survivre.

Car demain les grands éditeurs, avant de publier un livre seront obligés de visiter ces 3 ou 4 centrales qui domineront le marché et si ces commerçants ne veulent prendre les projets de l'éditeur, les livres ne se feront pas.

Donc la création devra prendre d'autres chemins pour survivre.
J'espère que de jeunes éditeurs, encore en herbe, liront ce billet, qu'ils chercheront des outils pour que la culture survive au tout fric... car j'entends que même les gros libraires encore indépendants eux aussi entendent les sirènes du référencement réduit qui augmente les marges... et j'entends aussi que les éditeurs se voient déjà tous à faire de la sous-culture, conforme au programmes télés et autres abrutissements de l'esprit.

Des fois je trouve que ce retour au moyen age que les économistes ne veulent pas toujours voir est un recul terrible dont les conséquences se paieront pendant des dizaines d'années.


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